« Anais Nin, sur la mer des mensonges » – Léonie Bischoff

Certains d’entre vous l’attende avec impatience, mon atelier Bullet Journal gratuit (et avec lui la première Newsletter) se font désirer. 😉 Je suis en train de régler les derniers petits soucis techniques inhérents à ce premier lancement de projet et je suis arrivée au triste constat que cela ne se ferait pas cette semaine. En revanche, j’ai tout de même bon espoir de vous partager ce cadeau de Rentrée pour mardi prochain. En attendant, j’ai décidé de vous surprendre (je me suis surprise moi-même !) avec une vidéo, pour vous parler d’une lecture que j’ai faite cette semaine et qui m’a littéralement transporté.

COUP DE COEUR ABSOLU !!

Je vous en parlais semaine dernière, ça fait un moment que je me dis que je ne vous partage pas assez mes lectures sur ce Blog, et je m’aperçois que ce qui me retient, c’est que le compte-rendu écrit n’est pas très excitant à faire ou même à lire pour moi. Ce temps d’écriture, j’aurais plus envie de le réserver pour mes créations personnelles (poésie, roman) ou pour des articles sur des sujets qui m’animent. Pour autant, la lecture constitue la matière première à toute création, et je ne nie aucunement l’influence qu’elle peut avoir dans mon cheminement. Alors, comment concilier tous ces paramètres ? Tout simplement en changeant de format, et celui qui me semble le plus adapté serait la vidéo… si je n’étais pas si intimidée par la caméra. Mais cette incroyable BD m’a aidé à franchir le pas !

Car oui, c’est une BD. J’en ai peu parlé sur ce Blog, mais j’adore la BD et sans être une amatrice éclairée sur le sujet, je ne peux pas passer un mois sans en lire au moins une, cela fait partie de mes nourritures de l’âme. Celle dont je vous parle aujourd’hui, je l’attendais, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à l’aimer autant ! J’avais tellement de choses à dire que la vidéo s’est imposée d’elle-même. Soyez indulgent.e.s, première chronique de ma life :

NB: Pardon à l’autrice d’avoir écorché si souvent son nom, c’est bien « Bischoff » et pas « Bischop ».

Je voulais tout de même rajouter qu’Anais Nin fait partie de ces femmes écrivaines qui ont permis à d’autres femmes de s’émanciper dans l’expression de leur sensibilité artistique. Sans s’être revendiquée féministe, elle a contribué, à sa manière, à repousser les limites que l’on imposait aux femmes, de son époque et d’aujourd’hui, dans la reconnaissance de leur légimité en tant qu’Artiste.

«  Chaque homme à qui j’ai fait lire mes textes a tenté de changer mon écriture. Écrire comme un homme ne m’intéresse pas. Je veux écrire comme une femme. Je dois plonger loin de la vie pour trouver les mots… sous la mer des mensonges »

Anais Nin

Bonne lecture et excellent WE !!

Journal d’écriture – Avril 2020

Mois : #1
Nombre de jours ou j’ai travaillé à mon roman : 16
Nombre de jours ou j’ai procrastiné : Trop!
Nombre de mots écrits: 10 525 (la moitié environ sur ma trame)
Estimation d’avancement de mon premier draft : 6%
Perception d’avancement dans ma tête : 20%
État d’esprit : positif

Si vous avez suivi le dernier épisode, vous savez que je suis passée au plan B, et cela fait déjà un mois que j’avance sur mon nouveau projet.

Nom de code : PHOENIX.

Je suis assez satisfaite de la première étape du travail qui consistait à écrire la trame de mon histoire de bout en bout. Je me suis régalée sur cette partie à dérouler le fil du scénario qui me trottait dans la tête depuis ce rêve que j’ai fait, il y a maintenant plusieurs années. J’ai pris le temps d’en faire plusieurs relectures et osé le partager à quelques personnes, qui m’ont fait la gentillesse de le lire pour me faire un retour. À ce stade, il ne s’agissait pas de parler écriture, mais plutôt de se focaliser sur les personnages, la cohérence des événements, l’intérêt de l’histoire elle-même. Cela a été une étape très enrichissante, car j’ai pu me rendre compte à quel point, chaque lecteur a un œil vraiment différent. Cela m’a aidé de pouvoir parler de mon scénario, et surtout de m’apercevoir que certaines questions, que je me posais sur mon intrigue, avaient aussi un sens pour le lecteur. Cela m’a également permis d’identifier ou se situaient les forces et faiblesses de mon récit.

Une fois la trame terminée, la question, qui m’a pas mal occupée, a été de savoir comment raconter cette histoire pour que j’y prenne du plaisir et a fortiori le lecteur aussi. En effet, même si j’étais contente du scénario que j’avais réussi à déployer dans la trame, l’idée de la suivre comme le plan de mon roman me démotivait complètement. Je n’avais pas envie d’une histoire ou les événements découlent les uns des autres, je n’y trouvais aucun intérêt et sur le coup ça m’a pas mal déstabilisée. Mais rapidement, l’idée d’utiliser plusieurs points de vues s’est imposée. Un roman polyphonique, c’est a priori le mot pour ce type de construction. Et là, oui, ce format me donnait irrésistiblement envie de commencer ! Cette structure remettait mes personnages au cœur de l’intrigue, et compte-tenu de ce que j’ai à raconter, cela m’a paru la bonne direction. J’avance donc avec l’idée d’alterner les points de vue entre deux personnages principaux, et deux personnages secondaires. Cette décision a été pour moi, le déclic important pour aller de l’avant. Je me suis lancée avec un grand plaisir dans la rédaction de mon premier chapitre.

Coté résistances, le début d’un projet est toujours enthousiasmant alors je n’ai eu aucun souci pour commencer l’écriture de la trame. J’ai plus piétiné au moment de passer à l’écriture, car je sentais que mon scénario avait encore des incohérences. C’est là que je me suis décidée à m’attaquer à l’une de mes plus grosses résistances : montrer ce que je fais. Et effectivement, cette décision m’a permis d’avancer à la fois sur le roman et sur ce Blog. Notamment, j’ai pris la décision de plus partager ce que je fais sur ce Blog. Plus d’histoires, parler de mon processus créatif, de mes inspirations. Et puis j’ai arrêté de cacher ma page Facebook à mes amis. Je souhaite trouver un moyen de promouvoir l’écriture et la lecture autant que possible autour de moi, alors autant commencer par ceux qui me sont proches. Je suis persuadée que l’écriture du roman et le Blog ont beaucoup a bénéficier l’un de l’autre. Pour les autres types de résistances, il reste compliqué pour moi de m’autoriser à allouer beaucoup de temps a l’écriture ou même la lecture sans culpabiliser de ne pas faire quelque chose de « plus productif ». Dingue quand même ses a priori sur ce que doit etre le travail « sérieux ». Pourtant écrire est loin de n’être qu’une partie du plaisir, ce qui me donne de l’espoir. La masochiste en moi peut avoir son lot de douleur, me voilà rassurée.

Pour le mois prochain, je me dis que ca serait sympa de partager ici un petit synopsis de mon roman. De dévoiler un peu mes personnages principaux et l’ambiance générale. À voir comment la sortie de confinement va influencer ces belles intentions. D’ici la, je souhaite « bonne écriture « aux écrivains en herbe, qui comme moi, avancent dans leur projet et des trésors de lecture sur ce Blog et ailleurs pour tous les amoureux des mots.

It’s you

Ton visage est resté incrusté dans ma rétine. Comme une rémanence du soleil de cet été 1993. Cet été-là, nous fêtions tout deux nos dix-huit ans. Après toutes ces années de jeux complices, d’insouciance, c’était la première fois depuis notre enfance que nous nous regardions avec ces yeux-là. Le premier jour des vacances, au milieu des copains, nous avions l’habitude de courir en riant jusqu’à la plage, mais pas cette année-là. Cette année-là, nous étions restés en arrière, traînant les pieds, étonnamment maladroits, le cœur lancé a cent à l’heure sur une route escarpée, pleine de dangers inconnus. Le regard remplis de nouvelles incertitudes, de nouveaux espoirs. En arrivant à la crique, nos doigts s’étaient enlacés et ce simple geste donnait à l’endroit des couleurs d’une intensité inédite. Le soleil tapait plus fort, les roches paraissaient plus saillantes, les odeurs du maquis se faisaient plus sauvages, presque animales. Tes yeux fixés sur moi comme une caresse, la promesse d’une reddition éternelle. Ton sourire éclatant lorsque tu surprenais les miens sur toi. Ce jeu, qui consistait à se frôler, à se faire frissonner à distance, en secret du reste du monde. Et puis ces moments d’une intimité douloureuse et sublime, qui nous laissaient tout deux si vulnérables. À la merci l’un de l’autre, prisonniers volontaires d’une sentence dont nous ne connaissions rien. C’était, il y a plus de vingt ans et tu continues d’occuper mes pensées, malgré moi. Dans la courbe d’une nuque, dans la force d’une main, tu réapparais, tel un fantôme qui n’en finit pas de me hanter. Je retrouve ton parfum, mélange de peau chauffée par le soleil et d’une rosée de sueur qui entourait ton corps comme un halo de lumière. J’ai parfois besoin de cligner des yeux et de secouer la tête, plusieurs fois, pour dissiper ces images, ces sensations d’un autre temps. J’imagine qu’elles ne disparaîtront jamais totalement ? De toute façon, je ne le souhaite pas. Car tu as été, tu es, et tu resteras, mon premier amour.