Le nettoyage toltèque: arrêter les suppositions

«  Ne faites pas de suppositions ».

Miguel Ruiz – Accord Toltèque #3

Cette semaine, nous entamons déjà le troisième accord qui nous invite à refuser de confondre notre imagination débordante avec la réalité. Un accord qui s’annonce particulièrement difficile pour moi qui suit toujours en train de cogiter, mais c’est justement là que ce accord devient éclairant car il met en lumière mon fonctionnement intérieur. Apprendre à mettre en doute les explications que l’on se trouve tout seul à ce que nous vivons, révéler les intentions que l’on prête aux autres pour telle ou telle action. Prendre conscience que le fait de juger une situation avec un a priori favorable, est tout aussi préjudiciable que de tomber systématiquement dans les scénario catastrophe. Car la seule façon de connaître la vérité sur les intentions des autres, est de leur demander. Croire que l’on peut deviner les pensées ou les besoins des autres est une illusion, même (surtout?) pour nos proches. La difficulté est donc de dépasser la facilité que nous avons à occulter cette réalité, pour faire l’effort d’aller à la découverte de la vérité avec l’autre. Pour ma part, c’est un fonctionnement qui va à l’encontre de l’éducation que j’ai reçu, et avec le recul, je me rends compte du nombre de fois où j’ai pu me fourvoyer. Arrêter cette spéculation intempestive, c’est éviter tellement de drames qui n’existent que dans notre tête. C’est aussi une opportunité incroyable de renforcer le lien avec notre entourage !
Cerise sur le gâteau: arrivé.e.s à ce troisième accord, je me rend compte également que les accords interagissent les uns avec les autres. Car si je ne fait plus de suppositions, je prendrai moins les choses personnellement, ce qui me permettra d’avoir une parole impeccable, car libérée de toute appréhension. Cette synergie peut paraître assez vertigineuse, alors que chacun en lui-même est d’une grande simplicité. Il me semble que c’est là que repose la puissance des Accords toltèques.

Alors, prêt.e à vous délester avec moi de ce 3e fardeau des suppositions? Courage, il ne restera plus qu’une semaine avant les fêtes de fin d’année. Il nous reste donc un tout dernier accord, que nous partagerons ensemble juste avant de prendre le temps des fêtes pour se reposer et intégrer tout cela.

Bonne semaine à toutes et à tous !

Le mot du WE : PHOTOGRAPHIE

Je suis sensible à l’image. J’ai une mémoire visuelle. J’adore partir en quête de beauté, que ce soit dans les lieux, les choses, chez les gens, mon œil s’accroche à je ne sais quelle aspérité qui rend ce que je vois beau et unique à mes yeux. Cette beauté donne un sens profond à tout ce qui m’entoure, j’ai la sensation qu’elle me permet de me connecter à la vie même. J’ai besoin d’elle, je n’en suis jamais rassasiée, et je n’ai de cesse de trouver de nouveaux moyens pour profiter de sa compagnie. La photographie fait partie des moyens que j’ai trouvé pour tisser un lien particulier avec cette beauté que je perçois. Une approche qui amplifie mon regard sur le monde et permet à cette beauté de pleinement se déployer.

Il y a plus de dix ans maintenant, ma vie entière s’effondrait. Je portais encore le deuil du décès de mon père, la tristesse d’une rupture douloureuse et le désarroi de la maladie de ma mère. Mais dans cette période de destruction, j’étais paradoxalement invitée à reconstruire. Me trouver un nouvel endroit pour vivre. Racheter des meubles pour m’installer. À l’époque, ma mère était obsédée par l’idée de m’offrir une télévision. Elle mettait autant d’ardeur à me convaincre que si ma vie en dépendait. Dans sa proposition, bien sûr, j’entendais son besoin de jouer son rôle de parent nourricier et la télévision n’était qu’un prétexte. En réalité, derrière cette offre tentante, je percevais un cadeau empoisonné. Car la télévision a un pouvoir hypnotique sur moi, qui peut paraître réconfortant à court terme, car grâce à elle, j’oublie tout, mes soucis, ma tristesse, mais j’oublie aussi mes envies, mes besoins et tout ce qui me relie à la vie. Et je suis persuadée que c’est dans les moments les plus difficiles de notre existence que nous avons le plus besoin de rester en lien avec la vie ! M’est alors venue cette intuition étrange, celle de troquer une télé contre un appareil photo. Ouvrir mes yeux, plutôt que de les fermer. M’attacher à ce qu’il reste de beau, malgré l’obscurité des jours sombres. Car la beauté ne cesse jamais d’exister et j’ai senti que la photographie pouvait constituer une alliée précieuse dans cette période difficile. Ma mère a accepté l’échange, je me suis retrouvée avec un appareil photo reflex.

« Le premier de la classe ignore le plaisir du cancre à regarder par la fenêtre. »

Robert Doisneau

Avec le recul de ces dernières années, j’ai le sentiment de ne pas être allée au bout de cette intuition et je suis restée une grande débutante en photo. A jouer les « premières de la classe » dont parle Doisneau, je me suis laissée rattraper par les contraintes du quotidien et je me suis coupée de cette source de joie que représente le simple fait de regarder autour de soi pour en apprécier la beauté. Plus les vacances approchent et plus il me parait essentiel pour moi de prendre le temps de me remettre à la photographie. Je piaffe d’impatience de devenir une touriste du quotidien, et je me délecte à l’avance en faisant quelques préparatifs qui, peut-être, pourront aussi vous intéresser. Je vous partage donc les quelques ressources du moment qui nourrissent mon futur projet :

LIVRE « Photographier au quotidien » d’Anne-Laure Jacquart

Anne-Laure Jacquart a écrit de nombreux livres sur la photographie et je ne les ai pas tous lus mais j’en ai plusieurs chez moi, et je trouve son approche à la fois simple, inspirante, décomplexée. Elle fait partie de ces photographes qui savent rendre la photo accessible, qui savent transmettre leur passion et je trouve son approche très pédagogique. Cet ouvrage me semble être le plus indiqué pour repartir aux bases, reprendre ses marques, et ouvrir grand le champ de ma créativité !

YOU TUBE – Chaine de Pierre T. Lambert

Je viens de découvrir la chaîne de Pierre, et j’y trouve énormément d’inspiration. Une approche créative et dynamique, mais ce qui me plaît particulièrement chez ce photographe, c’est son état d’esprit. Il déploie une grande curiosité, teste en permanence de nouvelles choses, n’héiste pas à remettre en cause sa pratique. Il semble entièrement engagé dans le désir d’apprendre et de s’améliorer en permanence. Pierre vit à l’étranger, il publie des vidéos en français et en anglais, et les deux types de contenus sont assez complémentaires.
En français, j’ai bien apprécié les vidéos conseils, telle que celle-ci, sur la photo de rue et la photo de voyage (vacances, vacances !):

En anglais, je raffole des challenges que Pierre organise avec d’autres photographes, pour faire un maximum de photos (portrait, photos de rue, etc…) dans un temps imparti. Cela pousse à lâcher la perfection et à se concentrer sur sa créativité, dans un cadre ludique et stimulant.

« Il n’y a pas d’instant décisif. C’est à vous de l’inventer. »

Robert Franck

Et si nous étions des touristes, le temps du WE ?

La curiosité – D. Pennac

«  Je suis né par curiosité. Y a t-il une meilleure raison de naitre ? »

Danniel Pennac

Regarder autour de soi, vraiment. C’est le secret ultime pour découvrir la beauté dans les endroits les plus inattendus. Quand je pense à tous ces moments où je me sens motivée, dans le flow, prête à déplacer des montagnes, je me rends compte que c’est la curiosité, de créer, de découvrir, d’apprendre, qui est toujours à l’origine de mon enthousiasme. Quand je peine, je doute, je tergiverse et je me pose trop de questions qui m’empêchent d’avancer, je constate que la curiosité est l’un des meilleurs leviers pour sortir de l’ornière dans laquelle je m’enlise. Car la curiosité ouvre. Elle ouvre les yeux, l’esprit, le cœur. Cultiver la curiosité, c’est s’assurer de ne jamais s’ennuyer et de n’être jamais à court de carburant, d’être émerveillé, et inspiré. En ce début de semaine, je nous souhaite donc, à toutes et à tous, une curiosité insatiable, qui booste nos envies et ouvre nos appétits !