Apprivoiser son critique interne – Le Culpabilisateur

La bonne nouvelle : je me suis remise à l’écriture de mon roman (J-32, je vous en reparle bientôt) ! La mauvaise : c’est évidemment le retour du critique interne qui, décidément, ne me lache pas d’un pouce ! La dernière fois, je vous parlais du critique-perfectionniste, un grand « classique », mais il n’est pas seul, puisque je vous avais parlé de cette étude, pour laquelle il existe en réalité 7 profils de critiques internes, tous plus volubiles les uns que les autres.

J’ai donc repris mon Journal d’exploration pour essayer de « discuter » avec un autre de ces interlocuteurs indésirables. Faire connaissance. Comprendre ses motivations profondes. Car tout critique qu’il est, je sais qu’il est bien intentionné. Et même s’il ne m’empêche pas véritablement d’avancer, il me pompe une énergie phénoménale ! Donc apprendre à se connaître, c’est se donner la chance d’une meilleure collaboration. Une opportunité de consacrer mes forces à mes projets plutôt que de les gaspiller à me battre contre mes propres résistances.

Pour rappel, le Journal d’exploration, c’est cette pratique que j’utilise pour creuser, par l’écriture, des sujets qui méritent d’être éclaircis. L’objectif principal est de pouvoir avancer de manière plus consciente dans mes projets.

PROFIL 2 - Le Culpabilisateur

Il se focalise sur le passé et les regards extérieurs
Il vous rappelle vos précédents échecs
Il privilégie les bonnes relations
Il incite à rester dans la norme
Il vous empêche de refaire les mêmes erreurs
Il vous enferme, réduit vos libertés

Cette forme de critique est moins évidente à repérer que le perfectionniste, mais elle est tout aussi handicapante. Pour ma part, je crois que je lutte en permanence avec lui. J’ai tendance à vouloir anticiper énormément les choses, et même si pour l’organisation d’un voyage cela peut être un vrai atout, quand il s’agit de créer, cette propension à vouloir éviter absolument toute situation difficile peut franchement devenir contre-productive.
Comment tu t’appelles ?
Je m’appelle Félicien. Je suis un vieux de la vieille, on me l’a fait pas à moi. Je suis un vétéran, j’ai pas mal d’expériences, alors tu peux me croire quand je te donne des conseils. Je sais de quoi je parle !
Qu’est-ce que tu me veux ?
T’éviter de perdre du temps sur des sujets qui n’en valent pas la peine. T’éviter aussi de te faire rejeter par ton entourage. Tu as besoin d’un soutien indéfectible pour avancer dans tes projets, alors je m’assure avant tout que tu n’offenses personne.
Donne-moi un exemple de ta dernière intervention :
Lors de cette soirée de réseau où tu as rencontré de nombreuses nouvelles personnes, mon conseil était de parler de ton activité sans trop rentrer dans le détail. Ne pas monopoliser l’attention des gens avec tes petites obsessions d’écriture ou de développement personnel. Écoute plutôt les autres. Et surtout, évite absolument de parler de féminisme et encore plus de racisme. Ces sujets constituent une catastrophe pour socialiser en soirée.

REMERCIEMENTS
Vous le savez maintenant, l’étape suivante consiste à reconnaître la bonne foi de ce critique particulièrement actif chez moi. Car ces mécanismes internes existent pour une bonne raison. Et même si en pratique elles sont en désaccord avec le bon déroulement de mes projets, je peux néanmoins saluer l’intention et l’énergie que Félicien déploie pour « m’aider » à sa façon.
Je le remercie :
– Pour vouloir m’éviter de souffrir (échec, rejet)
– Pour me partager ton ambition de me faire apprendre de mes erreurs
– Pour me souhaiter d’être entourée de personnes aimantes
– Pour avoir l’intention de ne pas me faire perdre de temps

LA RECONCILIATION
Vous le savez, se débarrasser d’un critique interne est impossible. Il fait partie de notre construction interne, alors pour éviter d’en souffrir, il nous faut trouver un terrain d’entente. C’est le moment d’expliquer à Félicien, ma propre vision de la situation. Que je lui explique mes besoins réels, et pas ceux qu’il pense être bons pour moi.
Voilà mes attentes :
– De valoriser l’authenticité plutôt que la pertinence des sujets que je décide d’aborder
– De ne pas donner autant d’importance aux personnes qui ne sont pas intéressées par mon travail. C’est bien normal, on ne peut pas plaire a tout le monde.
– De me faire confiance pour faire mes propres expériences
– D’encourager l’audace de partager mes opinions, quelles qu’elles soient

DROIT DE RÉPONSE
Ce que je voudrais dire à Félicien, notamment par rapport à ma façon de me comporter dans une soirée de réseau professionnel :
En devenant indépendante, le choix que j’ai fait est de miser sur ma singularité. Comment est-ce que je vais identifier les bons partenaires si je n’exprime pas qui je suis ? Si je ne partage pas les valeurs qui m’animent? Il se trouve que pendant cette soirée, et sans forcément amener délibérément la conversation sur le féminisme ou le racisme, j’ai eu un partage d’expériences de situation d’exclusion en entreprise. Pouvoir discuter avec cette personne de manière authentique sur des sujets qui me semblent concerner notre société dans son ensemble, m’a confirmé qu’il était possible de trouver des personnes motivées pour faire évoluer les choses. Ce sont typiquement des personnes comme cela que je souhaite côtoyer pour construire mon projet sur le long terme. Les autres personnes qui nous écoutaient sans participer à la conversation, je les ai oubliées, comme elles m’ont certainement oublié. Ce n’est pas grave. C’est comme cela que l’on rencontre vraiment des personnes qui nous correspondent.

J’arrête ici pour aujourd’hui, mais clairement, je sens que ce critique est pour moi un gros sujet. Je vois bien que j’ai besoin de déconstruire énormément de préjugés pour soutenir mon comportement. C’est très important de faire ce travail à l’écrit, car cela me permet d’extérioriser cette voix off désagréable qui me gâche mon plaisir d’être celle que je suis. Prendre conscience de tout cela, ne peut que m’aider à aligner mes actes avec mes besoins ainsi explicités.

Et vous ? Auriez-vous des choses à dire à Félicien ?

Apprivoiser son critique interne – Le perfectionniste

Je ne vous apprends rien, lorsque l’on veut créer et entreprendre, que ce soit dans un cadre artistique ou dans la vie de tous les jours, nous faisons immanquablement face à des résistances et, pour ma part, le critique interne constitue l’une des résistances les plus présentes. J’ai pris le temps de me renseigner sur le sujet, pour m’apercevoir qu’il n’y avait pas une, mais sept sortes de critiques internes qui se relayaient à tour de rôle pour nous mettre des bâtons dans les roues. Je vous mets le lien vers l’étude que j’ai trouvé ICI (site US).

Cette découverte m’a ouvert les yeux sur l’étendue du problème et j’ai décidé de m’intéresser à chacune de ces facettes. Car il faut se rendre à l’évidence, ces critiques internes feront toujours partie de l’aventure de notre vie. Alors comment continuer d’avancer dans les meilleures conditions possibles ? Comment transformer toutes ces frustrations en un chemin de développement ? J’ai sorti mon Journal d’Exploration pour me ré-approprier cette relation à moi-même. Je vous partage le processus de cette expérimentation, en commençant par la rencontre du premier profil de critique.

PROFIL 1 - Le Perfectionniste

- Tout doit être PARFAIT
- Exigence maximum
- Rien n’est jamais terminé
- Rien n’est suffisamment représentatif de ce que l’on veut faire
- Encourage à se conformer
- Peur du rejet et du jugement d’autrui
- Miroir d’attente d’un parent

Je crois que nous sommes nombreux à être très sensibles à cette voix là. D’ailleurs, j’ai le sentiment de vous en parler régulièrement, car c’est l’un de mes critiques les plus actifs. Et bien OK, faisons connaissance :
Comment tu t’appelles ?
Gontran, je suis aristocrate. Je vis dans l’élite et je ne vis qu’entre élites.
Qu’est-ce que tu me veux ?
T’aider à être meilleure. À t’élever vers les cimes ! Je ne me satisfais de rien de moins que l’excellence. Nous avons un certain standard à défendre ensemble. Par ailleurs, je te protège aussi de la souffrance de l’échec et de l’humiliation d’une piètre performance. Avec moi, tu seras une star ou rien.
Donne-moi un exemple de ta dernière intervention :
Ton Atelier BUJO n’est pas représentatif de ce que tu veux déployer sur ce Blog en terme de développement personnel. À ta place, je le retirerai. Par ailleurs, j’ai crois que beaucoup de tes articles sont un peu « hors-sujet ». La aussi, je ferai du ménage pour ne parler que de ce qui est vraiment important.

Idéalement, je vais prendre le temps de discuter plus longtemps avec Gontran sous la forme d’un dialogue que j’écris à la main dans mon Journal et qu’il serait trop long (et parfois très personnel) de vous partager ici. L’idée, c’est de laisser à Gontran la place de s’exprimer. Ne pas le censurer, juste l’écouter. Voir ces pensées, très dures, qui nous habitent malgré nous est perturbant. Mais c’est aussi très libérateur, car on peut enfin les mettre à l’extérieur et les observer avec plus de clarté pour y répondre.

MERCI Gontran
L’ étape suivante consiste à reconnaître que ces mécanismes internes existent pour une bonne raison. Nous ne pouvons pas continuer de vivre en pensant que nous sommes notre propre ennemi. Partir du principe que tout cela part d’une bonne intention et je reconnais alors qu’il y a du bon dans ce que Gontran tente de m’apporter à sa manière un peu brusque.
Je le remercie :
– Pour vouloir le meilleur pour moi
– Pour me challenger en pointant les choses que je peux améliorer
– Pour me valoriser en espérant de moi l’excellence
– Pour souhaiter que tout le monde m’aime
– Pour me protéger du rejet et du jugement extérieur

COMMENT DEVENIR AMIS ?
Pour que nous soyons amis, c’est maintenant à moi de m’exprimer sur mes besoins afin que notre relation soit plus équilibrée. Dans une relation saine, chacun est en mesure d’entendre et de respecter les besoins de l’autre. Voilà les miens :
– De faire preuve de plus de souplesse et de bienveillance à mon égard
– De voir les imperfections comme un chemin d’apprentissage
– D’envisager l’échec comme une étape et non une finalité dans le processus créatif
– De ne pas donner autant d’importance aux jugements extérieurs
– De valoriser mes intuitions
– De me faire plus confiance

DROIT DE RÉPONSE
Par rapport à la remarque de Gontran sur mon Atelier et le contenu de mon Blog, j’ai décidé de donner la parole à la meilleure part de moi-même, celle qui croit en moi et me soutient en toute circonstance :
Cet Atelier BUJO est représentatif de là où j’en suis aujourd’hui dans mon parcours pour déployer une offre d’ateliers en développement personnel. La création de cet Atelier m’a beaucoup appris et les retours que je reçois alimentent mon processus créatif. Il constitue une première étape dans la concrétisation de mes projets et j’en suis fière. Idem pour les articles de mon Blog. Chaque nouvelle parution constitue un pas dans la réalisation de mes projets. Sois patient, les choses se mettent en place.

Tout cela vous paraîtra peut-être un peu fou, mais ce processus d’écriture est très agréable et très doux. Une méthode d’auto-coaching efficace pour peu que l’on s’autorise ce temps d’introspection. La vie d’un entrepreneur est pavée de frustrations et prendre le temps de les clarifier, de les déposer sur le papier, de les faire exister autrement que dans ma tête, me libère l’esprit et fait descendre mon niveau de stress.

Et vous ? Quel type de critique est le plus actif chez vous? Le perfectionniste en fait-il partie ? Quel nom lui donneriez-vous ?

A bientôt pour la suite des profils !

Mes 10 plaisirs coupables

Aujourd’hui je voulais vous parler de l’inspiration et des sources parfois improbables qu’elle peut aller chercher. En effet, dans la découverte de mon propre processus créatif, j’ai pris conscience qu’en matière d’inspiration, comme en amour, on ne choisit pas ses coups de cœur. Parfois ce sont des attirances que l’on approuve intellectuellement et parfois ce sont des obsessions que l’on préfèrerait garder pour soi, voire mettre sous le tapis. Mais j’ai fait l’expérience que la Créativité détestait ça, que j’ai honte de certaines des choses qu’elle a choisit pour moi. C’est un peu comme si je lui faisais remballer un cadeau qu’elle aurait voulu me faire. Ça la vexe et ce n’est pas dans mon intérêt que nous soyons brouillés. Alors j’ai décidé de faire la Paix avec elle et d’assumer au grand jour, ces petits plaisirs coupables qui nourrissent malgré moi mon imagination et m’ouvrent des portes inattendues.

Quand on y regarde de plus prêt, il apparait que la plupart de ces « plaisirs honteux » sortent tout droit de l’univers de l’enfance ou de l’adolescence et ce n’est pas un hasard. Car c’est bien notre enfant intérieur qui est au commande lorsque l’on souhaite laisser parler notre « moi artistique ». Et vouloir lui enlever ses jouets est le meilleur moyen pour le voir bouder et faire la grève créative. Vous vous souvenez de votre determination lorsque l’on essayait de vous forcer à manger les épinards quand vous aviez 6 ans ? La même ! Alors si, comme moi, vous voilez voir avancer vos projets créatifs, il est grand temps de vous réconcilier avec ces souvenirs, finalement plutot savoureux, de votre enfance. Alors allez-y, me laissez pas toute seule, balancez moi vos addictions ! Certain.e.s., peut-être, vous jugeront, ce ne sera pas moi ! ;P