Journal d’écriture – Avril 2020

Mois : #1
Nombre de jours ou j’ai travaillé à mon roman : 16
Nombre de jours ou j’ai procrastiné : Trop!
Nombre de mots écrits: 10 525 (la moitié environ sur ma trame)
Estimation d’avancement de mon premier draft : 6%
Perception d’avancement dans ma tête : 20%
État d’esprit : positif

Si vous avez suivi le dernier épisode, vous savez que je suis passée au plan B, et cela fait déjà un mois que j’avance sur mon nouveau projet.

Nom de code : PHOENIX.

Je suis assez satisfaite de la première étape du travail qui consistait à écrire la trame de mon histoire de bout en bout. Je me suis régalée sur cette partie à dérouler le fil du scénario qui me trottait dans la tête depuis ce rêve que j’ai fait, il y a maintenant plusieurs années. J’ai pris le temps d’en faire plusieurs relectures et osé le partager à quelques personnes, qui m’ont fait la gentillesse de le lire pour me faire un retour. À ce stade, il ne s’agissait pas de parler écriture, mais plutôt de se focaliser sur les personnages, la cohérence des événements, l’intérêt de l’histoire elle-même. Cela a été une étape très enrichissante, car j’ai pu me rendre compte à quel point, chaque lecteur a un œil vraiment différent. Cela m’a aidé de pouvoir parler de mon scénario, et surtout de m’apercevoir que certaines questions, que je me posais sur mon intrigue, avaient aussi un sens pour le lecteur. Cela m’a également permis d’identifier ou se situaient les forces et faiblesses de mon récit.

Une fois la trame terminée, la question, qui m’a pas mal occupée, a été de savoir comment raconter cette histoire pour que j’y prenne du plaisir et a fortiori le lecteur aussi. En effet, même si j’étais contente du scénario que j’avais réussi à déployer dans la trame, l’idée de la suivre comme le plan de mon roman me démotivait complètement. Je n’avais pas envie d’une histoire ou les événements découlent les uns des autres, je n’y trouvais aucun intérêt et sur le coup ça m’a pas mal déstabilisée. Mais rapidement, l’idée d’utiliser plusieurs points de vues s’est imposée. Un roman polyphonique, c’est a priori le mot pour ce type de construction. Et là, oui, ce format me donnait irrésistiblement envie de commencer ! Cette structure remettait mes personnages au cœur de l’intrigue, et compte-tenu de ce que j’ai à raconter, cela m’a paru la bonne direction. J’avance donc avec l’idée d’alterner les points de vue entre deux personnages principaux, et deux personnages secondaires. Cette décision a été pour moi, le déclic important pour aller de l’avant. Je me suis lancée avec un grand plaisir dans la rédaction de mon premier chapitre.

Coté résistances, le début d’un projet est toujours enthousiasmant alors je n’ai eu aucun souci pour commencer l’écriture de la trame. J’ai plus piétiné au moment de passer à l’écriture, car je sentais que mon scénario avait encore des incohérences. C’est là que je me suis décidée à m’attaquer à l’une de mes plus grosses résistances : montrer ce que je fais. Et effectivement, cette décision m’a permis d’avancer à la fois sur le roman et sur ce Blog. Notamment, j’ai pris la décision de plus partager ce que je fais sur ce Blog. Plus d’histoires, parler de mon processus créatif, de mes inspirations. Et puis j’ai arrêté de cacher ma page Facebook à mes amis. Je souhaite trouver un moyen de promouvoir l’écriture et la lecture autant que possible autour de moi, alors autant commencer par ceux qui me sont proches. Je suis persuadée que l’écriture du roman et le Blog ont beaucoup a bénéficier l’un de l’autre. Pour les autres types de résistances, il reste compliqué pour moi de m’autoriser à allouer beaucoup de temps a l’écriture ou même la lecture sans culpabiliser de ne pas faire quelque chose de « plus productif ». Dingue quand même ses a priori sur ce que doit etre le travail « sérieux ». Pourtant écrire est loin de n’être qu’une partie du plaisir, ce qui me donne de l’espoir. La masochiste en moi peut avoir son lot de douleur, me voilà rassurée.

Pour le mois prochain, je me dis que ca serait sympa de partager ici un petit synopsis de mon roman. De dévoiler un peu mes personnages principaux et l’ambiance générale. À voir comment la sortie de confinement va influencer ces belles intentions. D’ici la, je souhaite « bonne écriture « aux écrivains en herbe, qui comme moi, avancent dans leur projet et des trésors de lecture sur ce Blog et ailleurs pour tous les amoureux des mots.

Le pire ennemie de la créativité – S. Plath

« Le pire ennemie de la créativité est le doute de soi. »

Sylvia Plath

Je m’en suis aperçu, le doute est pareil aux chants des sirènes. En apparence séduisant et bienveillant, ne vous y trompez pas, il veut la peau de vos projets! Surtout ne pas l’écouter. Continuer de créer coute que coute. Avancer sans preter l’oreille. Créer, créer, créer.
Je vous souhaite une belle semaine de création!

Journal d’écriture : Changement de cap

Comment allez-vous ? J’espère que votre semaine s’est bien passé, malgré le confinement. Est-ce qu’elle a été créative ? Pour ma part, il semble que cette situation ait eu un impact plutôt positif sur mon travail. Ces conditions particulières m’ont poussé à m’organiser différemment et cela a sans aucun doute influencé ma décision de revoir entièrement mon projet de premier roman ! Je crois qu’un tel changement de cap nécessitait une prise de recul que cet isolement forcé a favorisé ! Car cela faisait plusieurs semaines que j’avais la sensation que mon projet mûrissait dans ma tête, bien au-delà du travail d’écriture que je continuais à fournir. Je sentais confusément qu’un élément important me manquait pour comprendre pourquoi je me sentais éternellement insatisfaite de la direction que je prenais dans mon récit. Et c’est lors d’une discussion avec un ami, que l’information a commencé à faire son chemin : les événements de ma propre histoire, dont je m’inspire pour créer celle de mon roman, ne sont peut-être pas aussi révolus que je le pensais ! Après réflexion, ce passé apparaît encore étroitement lié à mon présent et dans ces conditions, difficile pour moi de prendre le recul nécessaire à la création (Voir mes résistances pour lacher le réel). Je suis à la fois l’auteur et le sujet de mon histoire. Une situation complexe et peu propice à l’élaboration de mon projet, comme si je m’efforçais de construire sur un sol encore mouvant. Cette prise de conscience à fonctionné sur moi comme un déclic et une décision inattendue s’est alors imposée à moi : mettre le projet en stand by. Vous me direz, c’est quand même dommage de suspendre l’écriture de mon roman alors que je n’ai jamais eu autant la paix pour l’écrire ! Pourtant ce n’est pas ce qui me préoccupe au au moment de prendre cette décision, mais plutôt ce doute très dérangeant qui subsiste : est-ce que je ne suis pas juste en train de succomber à une nouvelle résistance ? Est-ce que j’abandonne définitivement ce projet ? C’est possible, je n’ai aucune certitude. Mais à ce stade, il est devenu essentiel pour moi de tenter de faire la distinction entre persévérance et obstination. Depuis plusieurs mois, j’ai persévéré, mais ce nouvel éclairage me pousse à faire preuve d’une plus grande flexibilité. D’essayer autre chose, au risque de me tromper. J’ai décidé de suivre cette intuition qui me dit de laisser à cette histoire plus de temps et d’espace, de la laisser respirer, et moi avec. Est-ce que cela veut dire que je n’écris plus ? Que j’ai renoncé à mon rêve ? Certainement pas. Car depuis le début de cette aventure créative, j’ai trois projets bien identifiés dans ma tête, trois balises sur le chemin que je me suis tracé pour me lancer en tant qu’écrivaine. J’ai donc jugé qu’il pouvait être plus avisé de redistribuer les cartes afin de changer l’ordre de création de mes projets. J’ai soigneusement rangé toutes mes notes relatives à ce « premier » projet, et sortis le carnet où j’avais rassemblé celles pour le deuxième. Et depuis lundi, je travaille à ce nouveau projet. Un projet qui n’a rien à voir avec ma propre histoire et qui m’offre enfin la liberté que je ne connaissais pas de tout inventer… ou presque. Car les premières bribes de cette histoire me sont apparu en rêve, il y a déjà plusieurs années. Il a d’ailleurs été très étonnant de voir le reste de l’histoire se révéler cette semaine, au cours de l’écriture du scénario qui m’a occupé ces derniers jours. J’ai eu le sentiment de faire l’expérience de déterrer un trésor comme dans une fouille archéologique, partant de ce qui affleurait en surface pour découvrir ce qui était encore enterré, comme le décrit Stephen King dans « Écriture, mémoire d’un métier ». Cette première semaine m’a donc plutôt conforté dans mon choix, mais les débuts sont toujours enthousiasmants, alors je vais éviter de crier victoire trop vite. Surtout que comme tu le sais, l’écriture d’un roman est une course de fond alors, je reste concentrée. Qui vivra verra. Et vous ? Ça vous est déjà arrivé d’arrêter un projet en cours de route ? De le reprendre plus tard ?