Vivre l’impossible

«  Do what you can’t »

Casey Neistat

Ras le bol. Trop de contraintes. Trop de choses que l’on nous interdit. C’est difficile de se sentir ainsi empêché.e.s en permanence. Pourtant, cela n’a rien de spécifique à la période que nous sommes en train de traverser. En réalité, il suffit d’avoir un rêve, une envie, ou bien juste une idée, pour déclencher le doute, la peur, ou toute forme de résistance, qui nous explique avec une logique implacable que NON, nous ne POUVONS PAS faire ce qui nous plaît.

Je ne sais pas si vous connaissez cette vidéo de Casey Neistat*, (qui a déjà été vue à près de 14M de vues !) dans laquelle il montre à quel point l’ère du numérique à ouvert le monde des possibles. Que ce soit dans le secteur du cinéma, de la musique, mais aussi du sport, et au final dans de très nombreuses industries, le digital nous donne accès à une tribune personnelle qui nous affranchit d’une quelconque validation extérieure. Ce blog en est une parfaite illustration. J’aime écrire, je rêvais de rédiger des articles sur des sujets qui m’animent, faire des vidéos pour partager des lectures qui m’inspirent, et BAM nous y voilà : vous lisez cet article ! Bien sûr, je ne fais pas partie de la salle de rédaction du Monde, et je n’ai pas d’émission littéraire sur une chaîne de TV, mais je vis mes envies, je nourris mes rêves, et cela n’a pas de prix !

Il existe toujours un moyen d’incarner l’action que l’on aimerait pouvoir faire, mais qui, pour des raisons qui nous échappent, ne peuvent pas avoir lieu. Mon exemple du moment : je rêve d’organiser des Ateliers en présentiel pour réfléchir, entre femmes, à la notion de « sororité ». Évidemment, actuellement, c’est impossible. Mais en me mettant en marche pour « Femmes ici et ailleurs », j’ai commencé à échanger avec des femmes qui agissent à leur niveau pour faire évoluer les choses, et c’est une autre manière de nourrir ce projet, afin de le faire exister dans les mois à venir. Et le digital, même s’il n’apporte pas les mêmes avantages que la présence réelle et le contact physique, peut aussi permettre des choses intéressantes.

« Il n’y a pas d’impossible, seulement d’autres façons de faire. »

Alors cette semaine, mon intention est de refuser de croire que nous avons des limites à nos vies. À la place, tentons d’aller vers ces « soi-disant impossibilités », pour réinventer l’existant, et profiter de toute la créativité dont nous sommes capables pour matérialiser nos envies.

Je vous souhaite, une belle semaine, et la matérialisation de beaucoup de VOS envies !

*PS: Je ne résiste pas au plaisir de vous partager cette vidéo qui donne la pêche et l’envie de repousser le champ des possibles.

La philosophie pratique de Charles Pépin

Depuis la classe de terminale, la philosophie a toujours eu une place particulière dans mon cœur. J’aime prendre le temps de réfléchir aux questions existentielles. J’aime faire ce pas de côté qui nous donne du recul sur ce que nous vivons. Mais il faut bien avouer que parfois la philosophie aime couper les cheveux en quatre, et lorsqu’il ne s’agit plus que d’un pur exercice intellectuel, du type thèse/anti-thèse/synthèse, j’ai plus de mal à y prendre part.

Charles Pépin m’a réconcilié avec la philosophie, car il a décidé d’en proposer une approche pragmatique. Une philosophie qui ne se préoccupe pas uniquement des grands débats existentiels, mais aussi et surtout de ces questions primordiales qui nous aident à mieux vivre notre condition humaine. J’ai prévu de faire un article très bientôt sur l’un de ses livres, qui m’inspire énormément dans mon propre cheminement, mais en attendant, je voulais vous parler de son Podcast, sobrement intitulé « La philosophie pratique ».

Les différents sujets abordés ne m’intéressent pas tous, et pour vous mettre en appétit, j’ai décidé de vous orienter vers un épisode en particulier, consacré à l’incertitude. Car même si le sujet semble particulièrement actuel dans cette période de pandémie, son impact dépasse clairement les conséquences du Covid. Par exemple, j’avais eu l’occasion de vous parler de l’incertitude comme compagne déstabilisante de tout chemin entrepreneurial. Mais en y regardant de plus près, elle nous concerne toutes et tous. Mieux vivre l’incertitude n’est pas une préoccupation passagère, mais bien un enjeu à longtemps terme. Et parvenir à l’accueillir est l’un des grands défis que nous avons à relever pour déployer plus de sérénité au quotidien. Il me semble que nous pouvons tous bénéficier de ces bonnes ondes.

PODCAST: Comment vivre l’incertitude ? Et surtout, comment bien la vivre ? Nous nous accrochons souvent à nos « certitudes », pourtant c’est dans l’incertitude que nous vivons. Comment apprendre à aimer ce qui nous effraie ? Comment voir dans l’incertitude moins une source d’angoisse qu’une promesse de liberté ?

Alors bonne écoute, et excellent WE !!

Redevenir un débutant

Devenir entrepreneur, c’était un rêve que j’ai caressé pendant de nombreuses années avant de me lancer, alors j’y ai projeté beaucoup de fantasmes. Et forcément, une fois confrontée à la réalité, tout ne s’est pas passé exactement comme je l’avait espéré. J’avais imaginé que tout serait naturel et fluide, que je trouverais mon chemin sans obstacles, mais il n’en est rien. Et c’est après plusieurs mois de remises en question, quasi-quotidiennes, que je me rends compte que tout cela est NORMAL. J’ai juste oublié ce que cela fait d’être un débutant. J’ai juste besoin de me rafraichir la mémoire et de me souvenir comment c’était, d’apprendre à marcher. Etre maladroit. tomber. Se relever, sans se sentir jamais complètement stable. Avancer, d’un pas mal assuré. Que de frustrations dont je n’avais plus l’habitude ! Mais, il est évident que c’est le prix à payer, si on veux tenir debout par soi-même, et devenir pleinement autonome.

Être débutant. A nouveau. Voila un challenge qui promet de ne pas s’ennuyer. Mais comment m’y prendre? Mon coté « bonne élève » s’agite en moi, et lève le doigt, en proie à une grande excitation : – Moi je sais Madame, je sais comment faire ! Je peux te faire une liste, longue comme le bras, de toutes les choses que tu DOIS absolument faire pour réussir.
Ahh faire un plan, mes coller des contraintes. Encore. J’avais pas dit que je voulais trouver une autre façon de travailler ? N’est-ce pas la raison première pour laquelle j’ai décidé de sortir du salariat ? L’attitude volontariste qui vise à tenter de devenir le « parfait petit entrepreneur », j’ai testé, et c’est épuisant ! Alors j’ai décidé de prendre la peur de l’échec à rebrousse poil, en réfléchissant aux 3 attitudes qui garantissent le fiasco :

1/ SE COMPARER
Vous imaginez, si tous les bébés du monde regardaient leurs parents, leurs frères et sœurs plus âgés, en se comparant? J’entends d’ici la complainte : – Non mais jamais je vais y arriver ! Pourquoi je marche pas comme Papa? Pourquoi je cours pas comme Gustave? Peut-être que je ne suis pas faite pour marcher ? Oui, ça doit être ça. Je vais ramper toute ma vie !
PERSONNE ne réagit comme ça bébé, alors pourquoi le faire maintenant ? Le bébé incarne pour moi l’esprit même du débutant. Il regarde sa famille comme l’objectif à attendre, une source d’inspiration plutôt qu’un sujet de comparaison. Il mets en place un mécanisme de mimétisme d’autant plus efficace qu’il ne doute pas un instant qu’il parvienne à son but.

2/ SE BRAQUER A CHAQUE ERREUR
Je me vois bien faire. Chaque obstacle, chaque erreur, est un caillou supplémentaire dans ma chaussure. Je m’énerve, je me plains, et je suis chaque fois à deux doigts de vouloir arrêter de marcher plutôt que de chercher comment sortir ces foutus cailloux de ma chaussure ! Quand je me braque, j’ai tendance à mettre en place deux types de comportements. Soit je m’assoie sur le bord du chemin en me plaignant, soit je continue à marcher à m’égratignant le pied jusqu’au point de rupture. Dans les deux cas, non seulement ça fait très mal, mais en plus, ça bloque ma progression. La bonne nouvelle du jour, c’est que si un caillou est rentré, il doit pouvoir ressortir…

3/ S’IMPATIENTER
Je veux écrire un livre. Ça fait des années que j’y pense. Ça fait des années que je commence. Et plus les années passent et plus je m’impatiente, parce que je suis pas encore arrivée au bout de mon projet. Je veux le Graal, je le veux tout de suite ! Or si on se souvient du film « Indiana Jones et la dernière croisade », ce sont les aventures que traversent Indy & ses amis qui m’ont régalé. Le Graal ne constitue pas l’intérêt du film (il ressemble d’ailleurs à un vieux gobelet tout moche), il n’est qu’un prétexte à vivre une expérience incroyable. En me focalisant sur l’objectif plutôt que sur les étapes pour y arriver, je me coupe de la meilleure partie du film. Heureusement que les scénaristes d’ Hollywood ne s’impatientent pas pour créer leurs histoires !

Bon, je crois que je vais m’employer à « faire le bébé » un peu plus souvent. Comme quoi, les maitres ne sont pas toujours ceux que l’on croit ! 😂